Question orale – Usage de drogues dans l’espace public

Il faut plus de moyens pour réduire les risques et les troubles

4 mai 2021

Interpellation du gouvernement par Danièle Obono, mardi 4 mai 2021, à l’Assemblée nationale, lors de la séance des “questions orales sans débat”

Place Stalingrad, jardin d’Eole, porte de la Chapelle…La situation est devenue invivable dans plusieurs quartiers de Paris 19e. Mais le gouvernement refuse toujours de mettre les moyens suffisants, qui existent et ont fait leur preuve, en termes d’accès aux soins, d’accompagnement médico-social, de logement, etc., pour réduire les risques et les troubles liés à la consommation de drogues dans l’espace public. Il abandonne ainsi aussi bien les usager·es de drogues que les habitant·es, qui assistent au quotidien à des scènes parfois violentes et souvent très dégradantes. C’est inacceptable !

Madame la ministre,

Je suis députée d’une circonscription, à cheval sur les 18e et 19e arrondissements de Paris, qui concentre l’essentiel des points de trafic et de consommation de drogues dans l’espace public du territoire. Sur la place Stalingrad, dans les jardins d’Eole ou à la porte de la Chapelle, les scènes de consommation de crack sont quotidiennes. Souvent plus d’une centaine d’usager·es de drogue se rassemble en ces lieux, entraînant des troubles à la tranquillité publique et au quotidien des riverain·es. 

La crise sanitaire, en plongeant dans une grande précarité ces personnes qui vivaient déjà sur le fil, a aggravé un problème qui est structurel. 

Après des mois d’interpellation des habitant·es et des élu·es dont je suis, les exécutifs locaux et nationaux ont commencé à réagir. Le “plan crack”, mené par la Ville de Paris, l’Etat et l’Agence régionale de santé, a notamment renforcé les maraudes et augmenté l’hébergement temporaire des usager·es de drogues. Mais, selon les associations, l’effort reste insuffisant. Outre les difficultés d’accès aux droits, aux soins ou à un logement pérenne, c’est la question des conditions de consommation qui revient de manière incessante. 

La salle de consommation à moindre risque gérée par l’association Gaïa dans le 10e arrondissement a eu un effet positif pour les usager·es en limitant le risque de complications liées à la consommation de stupéfiants, tout en réduisant les nuisances dans l’espace public.

Mais, à ce jour, cette salle n’est ouverte qu’aux injecteur·trices, excluant les inhalateur·trices qui en sont donc réduit·es, pour les plus précaires, à consommer dans l’espace public.

L’expérimentation, débutée en 2016, prendra fin en 2022. Selon Gaïa, c’est au moins 6 autres salles sont nécessaires en Ile-de-France, dont 4 à Paris.

Mes questions sont donc les suivantes.

  1. Ce dispositif sera-t-il reconduit et étendu à la hauteur des besoins de notre territoire ? Le cas échéant quelles mesures pensez-vous prendre pour assurer la pleine coopération de la Préfecture de Paris ainsi que du Parquet qui font parfois montre, selon les acteur·trices de terrain, d’une forte réticence à l’égard de ce dispositif, compliquant parfois le travail des associations ? 
  2. Quels autres moyens d’ampleur comptez-vous mettre en œuvre (en termes de logement, d’accompagnement médico-social, d’accès aux soins notamment psy) pour réduire les risques et troubles liés à la consommation de drogues ?
  3. Enfin le statut des personnels accompagnant les usager·es au sein des structures dédiées sera-t-il enfin réévalué à la hauteur de l’engagement et des compétences de cette autre catégorie de personnel médico-social oubliée du Ségur ?

Voici quelques-unes des interpellations de Danièle Obono aux exécutifs locaux et nationaux sur ces sujets 

  • Communiqué de Danièle Obono, “Le gouvernement abandonne nos quartiers, 5/05/21 : à lire ici.
  • Courrier à Anne Hidalgo et alii, sur l’urgence sanitaire et sociale à Charles Hermite (18e), 23/10/2019 : à lire ici.
  • Intervention de Danièle Obono, lors des débats du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, sur la crise sanitaire et sociale liée à la consommation de drogue dans le nord-est parisien, 26/10/2018 : à voir ici.
  • Lettre à Agnès Buzyn sur l’urgence d’un plan de réduction des risques liés à l’usage de drogue, 24/09/2018 : à lire ici.

 Danièle OBONO

Députée de Paris – 17e circonscription

La France insoumise

 

      

  

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